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09/04/2012

LA VIE DES MINEURS DE FOND

Encore un diaporama sur la mine et l'exploitation du charbon dans le Nord-Pas de Calais, allez-vous dire !...

C'est vrai que j'ai déjà écrit plusieurs notes sur le sujet, depuis que mon blog existe, et que j'ai également posté un diaporama dans certaines d'entre elles. Bien souvent d'ailleurs, c'est la chanson "les Corons" de Pierre Bachelet qui servait d'illustration sonore à ces diaporamas, au point que cela en devenait presque lassant...

Galibot.jpg
[ Galibot ]

Mais, pour une fois encore, laissez-moi vous proposer une autre présentation qui reprend l'essentiel de ce que fut la vie des mineurs de fond à la fin du XIXème siècle et début du XXème siècle. Je l'accompagne d'un petit lexique à destination des... "non-initiés" et relatif à certains termes spécifiques utilisés à l'époque. Ces explications, je les ai empruntées au blog d'André de Marles (http://andredemarles.skyrock.com/), un site riche en informations sur le sujet. [ Voir le lexique en deuxième partie de cette note ]

Les mineurs de fond.pps

[ Power Point automatisé et sonorisé ]

***

Bonne journée à tous !

*****

 

 


L'astiquette :

 

De nos jours, une ancienne lampe minière à huile est toujours très prisée des collectionneurs régionaux en particulier, il s'agit de ce que certains appellent la lampe des mineurs de Germinal.

 

Pendant plus d'un demi-siècle, en France et dans le Hainaut belge, des milliers de mineurs ont porté à leur barrette une lampe à huile à flamme nue baptisée « astiquette ».

 

On la nommait également lampe à clou; il s'agissait d'un petit réservoir en fer blanc ou en laiton brasé sur un clou de grosse section dont l'extrémité se terminait parfois par un manche en bois.

 

Bon nombre de cartes postales anciennes et de photos d'époque la montrent en situation sur les chantiers du fond ou sur le carreau avant la descente.

 

L'astiquette se portait sur la barrette de cuir bouilli du mineur en insérant une partie du clou ( environ la moitié de sa longueur ) dans un oeillet spécialement conçu à cet effet. L'extrémité pointue permettait de la planter dans les bois d'étaiement des chantiers du fond.

 

De nombreux modèles furent créés et ses formes étaient d'autant variées, le réservoir était en général tronconique dans le Pas de Calais et ellipsoïdal dans le Nord.

 

Le modèle des mines de Carvin était particulier, la tôle du réservoir était ondulée améliorant de ce fait sa rigidité.

Pourtant ce mode d'éclairage est resté curieusement ignoré des historiens des techniques d'éclairage.

 

Le premier témoignage écrit d'usage de l'astiquette sous son appellation courante de "lampe au chapeau" date du 26 octobre 1849, sous la forme de la relation d'un coup de grisou survenu à la fosse Mathilde des mines d'Anzin.

C'est ainsi que l' historien et le collectionneur Michel Bonnot en a déduit que son usage devait remonter aux années 1845 sans trop de risque d'erreur.

 

Un modèle d'astiquette de petite taille, tout en laiton, marqué "Anzin-1835" figure également en photo dans son ouvrage.

 

Même s'il s'agit, au mieux d'un modèle de géomètre, au "pire" d'un modèle "d'honneur ou d' éloge", sa conformation étant tout-à-fait celle d'une astiquette étend donc l'occurrence historique d'usage de la lampe dans le bassin du Nord "entre 1835 et 1845".

 

 

Une autre référence est le "Traité d'exploitation des mines de houille" de Ponson, édité à Bruxelles en 1854.

Si l'on tient compte des délais de rédaction de l'ouvrage, on revient aux années 1850.

 

Certains diront : "C'est en Belgique" ! Certes, mais le bassin du Nord fut découvert et exploité par des Belges ; une porosité certaine existait déjà entre les deux régions du Borinage et du Hainaut français, ce qui laisse à penser que les premières astiquettes françaises sont venues de Belgique !

 

On a ensuite, déposé le premier brevet français pour une lampe de ce type par le constructeur Lillois André Dubrulle en 1856.

 

Retirez une ou deux années de conception, de mise au point, et de délais de transfert à l'administration puis à l'imprimeur, et on doit arriver aux années 1850-1855.

 

Ainsi, la période de conception puis de fabrication industrielle (ou artisanale) de l'astiquette s'étale de 1835 à 1855.

 

Dans les mines de notre région, elle fut d'usage en parallèle avec les lampes de sureté à flamme, et ce jusqu'au début du XXème siècle.

 

En 1906, elle fut plusieurs fois mise en cause dans la catastrophe des mines de Courrières qui fit 1099 victimes.

Elle fut dés lors bannie d'usage dans les compagnies minières de notre région.

 

Certains témoignages relatent cependant qu'elle fut encore utilisée au fond en 1917 dans certaines fosses de la Compagnie des Mines d' Anzin.

 

Premier cliché: scène reconstituée montrant un mineur, vers la fin du XIX ème siècle rallumant une astiquette au fond avec un briquet au ferrocerium.

 

 

Le galibot :

 

Au début du XIX ème siècle, des enfants de 8 ans travaillaient au fond de la mine.

 

En 1813, la loi interdit le travail au fond aux enfants de moins de 10 ans.

 

En 1848, elle empêche l'embauche en desous de 12 ans et en 1875, le travail de nuit.

 

Mais il n'y avait aucun controle, et cela n'empêcha pas les compagnies minières d'embaucher des enfants de 11 ans, juste après leurs " certif ".

 

Au fond, le galibot était occupé à l'évacuation du charbon, à ramener aux mineurs des bois de soutènement et divers matériels,et surtout, à pousser des berlines ou barrous. Il apprendra le métier de mineur sur le tas en devenant successivement, hercheur, aide mlineur et enfin mineur à l'abattage.

 

Les galibots eurent de multiples fonctions au fond de nos mines.

 

Après la première guerre mondiale, l'embauche se fit à 14 ans sous contrôle rigoureux de l'état et le travail de nuit ne fut autorisé qu'à partir de 18 ans.

 

La salle des pendus :

 

Elle servait à la fois de vestiaire et de salle de bain douche collective

Les mineurs accrochaient leurs vêtements de ville avant leur début de poste, à un crohet à 4 patères avec au centre une cuvette destinée à recevoir le savon.

Le tout était hissé au plafond au moyen d'une chaine numérotée coulissant sur un réa, qui était accrochée aux bancs de la salle de bains.

Même opération en fin de poste, les ouvriers du fond accrochaient leur tenue de travail sur cet instrument après avoir récupéré leurs vêtements de ville.

Sous l'air chaud pulsé par les ventilateurs des bains douche, les vêtements imprégnés de l'humidité du fond séchaient ainsi jusqu'au poste du lendemain.

Cette étrange appellation provient des journalistes Parisiens des années 30 qui découvrirent cet impressionnant vestiaire suspendu.

Les mineurs n'utilisaient jamais ce terme, ils appelaient cette salle: les lavabos.

 

 

Le briquet :

 

C'était la pose casse-croûte des mineurs au fond, bien souvent prise à même le chantier où ils oeuvraient.

 

Son appellation se réfère à la fois à des faits historiques et politiques datant de la fin du XIX ou début du XX ème siècle. 

C'est Raoul Briquet qui proposa et fît accorder au gouvernement qui imposa aux compagnies minières (privées à l'époque ) qu'une pose "casse- croute" soit payée pendant le temps de travail.

D'où l'appellation de ce repas en hommage à ce bienfaiteur syndicaliste des travailleurs de la mine.

Plusieurs cités minières du Nord Pas de Calais, dont Bruay en Artois ont une rue ou une place portant ce nom.

Raoul Briquet (1875 - 1917) était député socialiste de la 2ème circonscription d'Arras.

Docteur en droit il était avocat au conseil du syndicat des mineurs dans un premier temps, au barreau d'Arras puis au barreau de Béthune.

 

Il fût tué pendant la première guerre mondiale lors d'une explosion provoquée par une bombe à retardement déposée par l'ennemi dans la salle d'honneur de l'hotel de ville de Bapaume.

 

Cette cérémonie était dédiée à l'arrivée massive des troupes anglaises sur notre territoire.

 

Fait marquant des traditions minières de notre région, le mineur emportait toujours quelques tartines de pain supplémentaires, dans sa musette, qu'il ne mangeait pas.

 

Ces dernières étaient en effet descendues au fond, et s'imprégnaient d'une "saveur particulière" liée à l'atmosphère chaude et humide ambiante durant tout le poste de travail.

 

Le père de famille, complice de cette tradition, ayant terminé son poste et rejoint son domicile offrait ces tartines à ses enfants qui se firent une joie de se disputer et de déguster ce pain emblématique, qu'on appelait chez nous: le pain d'alouette...

 

* 

[ Source:  le blog d'André de Marles (clic sur le lien), richement documenté sur la mine et le patrimoine du Bassin minier du Nord-Pas de Calais ]

 

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Commentaires

un sujet bien passionnant sur la vie et les conditions de travail
de ces mineurs au fond ...chez nous à Littry la mine 14
il y'a un musée sympa à découvrir ! amitiès pascales

Écrit par : ventdamont | 09/04/2012

La mine , cela fait partie du patrimoine dans votre région.
Tu avais peut être même des mineurs dans ta famille.
Bon lundi de Pâques, ici un ciel bien gris, surement de la pluie pour bientôt.
Bisous
Anita.

Écrit par : anita | 09/04/2012

Coucou Chapiou !
Un métier dont les mineurs étaient fiers malgré la difficulté et le danger du travail .
J'ai regardé le diaporama avec beaucoup d'admiration pour ces gueules noires .
Bonne soirée et bizoux x2 , la Françouèze !

Écrit par : françoise la comtoise | 09/04/2012

Les commentaires sont fermés.