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07/11/2013

INAUGURER LES CHRYSANTHEMES

Ce matin, j'ai entendu dire à la radio (France Info) qu'un certain Président de la République française devait être féru d'histoire parce qu'il se préoccupait plus de l'organisation des cérémonies relatives à la commémoration du centenaire de la première Guerre mondiale qu'à ce qui se passe dans le pays au niveau économique et social.

Cela m'a fait penser à l'expression "inaugurer les chrysanthèmes" qui s'appliquait plus particulièrement aux présidents de la IVème République et je me suis demandé si, actuellement, nous n'étions pas gouvernés non seulement par un historien érudit, doublé d'un horticulteur (bien que je n'aie rien contre cette profession) plutôt que par un chef d'Etat... (Lol)

J'ai voulu également en savoir plus sur cette expression et j'ai trouvé ces deux articles ; le premier expliquant clairement l'origine de cette sentence, le deuxième en donnant un exemple authentique.

En prime, une vidéo où l'on peut entendre le Général de Gaulle employer l'expression "inaugurer les chrysanthèmes" au cours de sa conférence de presse du 9 septembre 1965 :

 

INAUGURER LES CHRYSANTHEMES

C’est de Lomé au Togo que nous vient l’expression de la semaine : Théodore Vianou nous demande ce qu’on veut dire quand on parle d’« inaugurer des chrysanthèmes ».

Le moment est bien choisi : on a souvent parlé de chrysanthèmes ces derniers temps. Le 2 novembre, jour des morts, on va souvent déposer des fleurs dans les cimetières, sur les tombes, et la fleur des morts, c’est très souvent le chrysanthème.

Mais l’expression « inaugurer les chrysanthèmes » est tout à fait différente. Elle s’emploie pour dire qu’un personnage officiel n’a pas de réel pouvoir politique – la Reine d’Angleterre, le président de la République italienne par exemple : ils en ont un peu du pouvoir, mais pas beaucoup ; ils ont surtout une fonction de prestige, une fonction honorifique, comme s’ils servaient de décor à la vie politique.

Ce ne sont pas eux qui prennent les décisions importantes, mais on les voit dans des cérémonies officielles. Quand on remet une décoration, quand on inaugure un bâtiment, c’est-à-dire quand on le met en service ; ou quand on dépose des fleurs, des chrysanthèmes sur la tombe d’une victime, d’un grand homme dont on se souvient.

Alors, pour se moquer, on a mélangé les deux expressions : on inaugure et on dépose des chrysanthèmes, et c’est devenu « on inaugure les chrysanthèmes ! »

 Rfi.fr - Yvan Amar (05/11/2006)

 

RENE COTY, PRESIDENT DE LA TRANSITION (extrait)

Les pouvoirs du président de la République étaient particulièrement restreints. Il "inaugure les chrysanthèmes", ironisera cruellement de Gaulle. René Coty en donne lui-même un témoignage éloquent en mentionnant dans ses notes à la date du 21 février 1956 : "Hier, pendant le dîner, téléphone de Guy Mollet qui m'annonce que Chaban et Lemaire entrent au gouvernement. "C'est ainsi que le chef de l'Etat était informé des décisions que venait de prendre le chef du gouvernement ! 

André Passeron (Le Monde, 8-9 janvier 1984 : « René Coty, Président de la transition »)

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14:30 Publié dans Actualité, Billet d'humeur | Lien permanent | Commentaires (1) | | | | | Pin it!

Commentaires

C'est le cas aussi du vice-président étasunien...
Mais entre ça et le despotisme il y a une juste place à trouver.
Et ce n'est pas simple!

AMITI2S DE gARONNE

Écrit par : Serge | 07/11/2013

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