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01/11/2015

MELANCHOLIA

 Même si l'exploitation des enfants aurait diminué d'un tiers entre 2000 et 2012, il y a encore quelque 168 millions d'enfants qui travaillent, de par le monde, au lieu d'aller à l'école, de jouer et de rire comme... des enfants.

Le diaporama ci-après reprend le poème de Victor Hugo, "Melancholia", écrit vers le milieu du XIXème siècle, et montre la vie misérable des enfants employés aux durs travaux dans les mines de charbon. Mais il n'y a pas que les mines de charbon qui emploient encore des enfants, de nos jours, et les usines installées dans de nombreux pays, en Afrique et en Asie, notamment, ne se gênent pas pour utiliser cette main d'oeuvre facilement malléable et peu rétribuée.

Victor Hugo dénonçait ce phénomène de façon virulente, dans son recueil de poèmes "les Contemplations", en précurseur de la défense des droits de l'enfant, mais aussi de manière plus générale, en véritable combattant de la misère, qu'il voulait tout simplement... "détruire" (son discours à l'Assemblée Législative du 9 juillet 1849).

Pour mémoire, il a été institué des journées mondiales relatives à la défense des droits de l'enfant :

- le 16 avril : Journée mondiale de l'esclavage des enfants

- 12 juin : Journée internationale contre le travail des enfants

- 20 novembre : Journée internationale des droits de l'enfant.

 * 

Le travail des enfants - Ph. Obs.jpg

[ Photo : l'Obs ]

 

 Les enfants du charbon.pps

[ Power Point sonorisé mais non automatisé ]

*** 

 Melancholia (extrait)

 

Où vont tous ces enfants dont pas un seul ne rit ?
Ces doux êtres pensifs que la fièvre maigrit ?
Ces filles de huit ans qu'on voit cheminer seules ?
Ils s'en vont travailler quinze heures sous des meules ;
Ils vont, de l'aube au soir, faire éternellement
Dans la même prison le même mouvement.
Accroupis sous les dents d'une machine sombre,
Monstre hideux qui mâche on ne sait quoi dans l'ombre,
Innocents dans un bagne, anges dans un enfer,
Ils travaillent. Tout est d'airain, tout est de fer.
Jamais on ne s'arrête et jamais on ne joue.
Aussi quelle pâleur ! la cendre est sur leur joue.
Il fait à peine jour, ils sont déjà bien las.
Ils ne comprennent rien à leur destin, hélas !
Ils semblent dire à Dieu : « Petits comme nous sommes,
Notre père, voyez ce que nous font les hommes ! »
O servitude infâme imposée à l'enfant !
Rachitisme ! travail dont le souffle étouffant
Défait ce qu'a fait Dieu ; qui tue, œuvre insensée,
La beauté sur les fronts, dans les cœurs la pensée,
Et qui ferait - c'est là son fruit le plus certain ! -
D'Apollon un bossu, de Voltaire un crétin !
Travail mauvais qui prend l'âge tendre en sa serre,
Qui produit la richesse en créant la misère,
Qui se sert d'un enfant ainsi que d'un outil !
Progrès dont on demande : « Où va-t-il ? que veut-il ? »
Qui brise la jeunesse en fleur ! qui donne, en somme,
Une âme à la machine et la retire à l'homme !
Que ce travail, haï des mères, soit maudit !
Maudit comme le vice où l'on s'abâtardit,
Maudit comme l'opprobre et comme le blasphème !
O Dieu ! qu'il soit maudit au nom du travail même,
Au nom du vrai travail, sain, fécond, généreux,
Qui fait le peuple libre et qui rend l'homme heureux !

   [Victor Hugo, Les Contemplations, Livre III ]

***

Bon dimanche à tous !

*****

07:00 Publié dans Divers, Poésie, Littérature | Lien permanent | Commentaires (3) | | | | | Pin it!

Commentaires

V.Hugo avait vu juste et ce n'est pas prêt de changer hélas ! Une M.O si facile.

Bon dimanche et avec soleil ce jour.

Bises.

Écrit par : judith | 01/11/2015

C'est la honte de faire travailler les enfants dans certains pays en plus ils les payent moins cher. Bonne soirée et bizoux Doubs !

Écrit par : françoise la comtoise | 01/11/2015

sans oublier ceux qui meurent de faim de soif
et ceux qui sont en migration
beau ce texte de victor hugo
amitiès

Écrit par : ventdamont | 02/11/2015

Les commentaires sont fermés.