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04/02/2009

LES FEUILLES MORTES

Un merveilleux diaporama

et la merveilleuse chanson

« Les Feuilles mortes »,

chantée par le grand Yves MONTAND !...

 

 

medium_Feuilles_mortes.jpg

 

 

Cliquez sur le lien pour ouvrir le fichier (pps automatisé) :

 

Les_Feuilles_Mortes.pps

 

19/01/2009

L'ENVOL

Icare

medium_Icare_et_Dédale.jpg

J'ai souvent répété les paroles des sages,
Que tout bonheur humain se paye et qu'il vaut mieux,
Libre et fort, dans la paix immobile des dieux,
Voir la vie à ses pieds, du bord calme des plages.

Mais maintenant, l'abîme a fasciné mes yeux ;
Je voudrais, comme Icare, au-dessus des nuages,
Vers la zone de flamme où germent les orages
M'élancer, et mourir quand j'aurai vu les cieux.

Je sais, je sais déjà tout ce que vous me dites,
Mais la vision sainte est là ; je veux saisir
Mon rêve et, sous le ciel embrasé du désir,

Braver la soif ardente et les fièvres maudites
Et les remords sans fin, pour ce bonheur d'un jour,
Le divin, l'infini, l'insatiable amour.

*

[ Louis Ménard (1822 – 1901) – Recueil : Rêveries d’un Païen mystique ]

 

*****

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05/01/2009

L'ENDORMEUSE DES BRUITS

Un poème de circonstance, écrit par le poète belge

Georges RODENBACH…

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 [ La place Dauphine sous la neige ]
 *
Ô neige, toi la douce endormeuse des bruits

*

Ô neige, toi la douce endormeuse des bruits
Si douce, toi la soeur pensive du silence,
Ô toi l'immaculée en manteau d'indolence
Qui gardes ta pâleur même à travers les nuits,

Douce ! Tu les éteins et tu les atténues
Les tumultes épars, les contours, les rumeurs ;
Ô neige vacillante, on dirait que tu meurs
Loin, tout au loin, dans le vague des avenues !

Et tu meurs d'une mort comme nous l'invoquons,
Une mort blanche et lente et pieuse et sereine,
Une mort pardonnée et dont le calme égrène
Un chapelet de ouate, un rosaire en flocons.

Et c'est la fin : le ciel sous de funèbres toiles
Est trépassé ; voici qu'il croule en flocons lents,
Le ciel croule ; mon coeur se remplit d'astres blancs
Et mon coeur est un grand cimetière d'étoiles !

*

[ Georges RODENBACH (1855-1898) – Recueil : Le Règne du Silence ]

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18/12/2008

LES LACS DE MONTAGNE

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[ Lac pyrénéen ]

***

Les yeux bleus de la montagne

 

On trouve dans les monts des lacs de quelques toises,
Purs comme des cristaux, bleus comme des turquoises,
Joyaux tombés du doigt de l'ange Ithuriel,
Où le chamois craintif, lorsqu'il vient pour y boire,
S'imagine, trompé par l'optique illusoire,
Laper l'azur du ciel.

Ces limpides bassins, quand le jour s'y reflète,
Ont comme la prunelle une humide paillette ;
Et ce sont les yeux bleus, au regard calme et doux,
Par lesquels la montagne en extase contemple,
Forgeant quelque soleil dans le fond de son temple,
Dieu, l'ouvrier jaloux !

*

[ Théophile GAUTIER (1811-1872) – Recueil : Espana ]

*****

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10/12/2008

AU TEMPS DES COLONIES...

Un poète un peu à part, presque une curiosité, dans la littérature française : Henry Jean-Marie LEVET, qui devint diplomate au service de la France, par goût du voyage et qui, à ses heures perdues, s'adonnait à la poésie.

medium_Henry_J-Marie_Levet.jpg

Voici, extrait des archives de la Diplomatie Française, ses états de service :

LEVET (Henry Jean-Marie Étienne)
Chargé de mission en Inde et en Indochine par le Ministre de l’Instruction Publique (décembre 1897 - juin 1898) ; Officier d’Académie (février 1899) ; Vice-Consul de troisième classe ; chargé des fonctions de Secrétaire-Archiviste, à Manille (10 novembre 1902) ; chargé de la Chancellerie de Las Palmas (14 février 1906). (L’Annuaire Diplomatique)

L'essentiel de son oeuvre tient en 10 poèmes, regroupés et édités en 1902, sous le titre "Cartes Postales". LEVET eut une grande influence sur d'autres poètes du voyage.

 

Possession française

medium_Créole.jpg

A la mémoire de Laura Lopez.

On se souvient de la chapelle des Goyaves
Où dorment deux mille dimanches des Antilles,
De la viduité harmonieuse du havre,
Et de la musique, du temps vieillot des résilles...

- Colonie d'où l'aventurier revenait pauvre ! -
Les enfants demi-nus jouaient, et leurs cris
Sourdaient, familiers comme les bougainvilliers mauves,
De la vérandah et de la terrasse aux lourds murs gris...

- Et les picnics de dimanche au Gros-Morne ?
- Ils ont vécu, les bons vieux romans qu'orne
La Jeune Créole , lente, aux moeurs légères...

Ces enfants sont partis et leurs parents sont morts -
Et maintenant dans la petite colonie morte,
Il ne reste plus que quelques fonctionnaires...

***

[ Henry Jean-Marie LEVET (1874-1906) – Recueil : Cartes Postales ]

*****

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01/12/2008

SAINT ELOI

Aujourd'hui, c'est la Saint Eloi, patron des forgerons, maréchaux-ferrants, serruriers, orfévres... bref, de tous les travailleurs sur métaux. Mais Saint Eloi n'est célébré par les cultivateurs qu'à partir de la Saint Jean d'été.

Voici son histoire :

Saint Éloi naquit en 588 à Chaptelat, village voisin de Limoges. Il fut placé comme apprentis chez le maître de la monnaie de Limoges où très tôt, il révélera un grand talent dans le travail des métaux.

medium_Saint_Eloi.jpg

Vers 620, il poursuit sa carrière à Paris au service de l’argentier du roi Clotaire II. Ce dernier, passa un jour commande d’un trône en or. Ce travail fut confié à Éloi. Le roi lui remit une quantité d’or pour exécuter cette tâche.

Le jeune orfèvre se mit aussitôt au travail avec beaucoup de sérieux. Son travail fini, il se rendit au palais pour présenter son œuvre au souverain. Clotaire II s’extasia devant le chef d’œuvre, mais sa stupéfaction fut bien plus grande quand l’orfèvre lui remis un second trône réalisé avec le restant d’or non utilisé pour le premier ouvrage. Le roi, touché par l’intégrité d’Éloi, le récompensa sur-le-champ.

 (Une explication plus technique pour justifier la réalisation du second trône est que celui-ci fut, sans doute, fabriqué en bronze doré)

Il se vit alors confier la direction de la monnaie de Paris. Plus tard une grande amitié le lie au roi Dagobert, successeur de Clotaire. Bien que jouissant de gloire et de richesses, Saint-Eloi jette sur la vie un regard nouveau. Homme de cœur autant que de foi, il se tourne vers les autres et surtout les plus miséreux. A la mort de Dagobert, il entre dans la cléricature et se voit confier l’évêché de Noyon où il perpétue ses bonnes œuvres. Il décédera dans cette ville le 1er décembre 660.

Dès le Moyen-Age, de nombreuses corporations comme les orfèvres, les forgerons, les serruriers etc... prendront Saint-Eloi pour patron.

*****

Un beau travail de ferronnerie d'art :

medium_Ferronnerie_d_art.JPG
*****
Et enfin, ce poème :
*
Le forgeron

 

Dans sa forge aux murs bas d'où le jour va s'enfuir.
Haut, roide, et sec du cou, des jambes et du buste,
Il tire, mécanique, en tablier de cuir,
La chaîne d'acier clair du grand soufflet robuste.

Il regarde fourcher, rougeoyer et bleuir
Les langues de la flamme en leur fourneau tout fruste,
Et voici que des glas tintent sinistres... juste :
Le crépuscule alors vient de s'évanouir.

Croisant ses maigres bras poilus,
Il songe à celle qui n'est plus.
Dans ses yeux creux des larmes roulent.

Et le brasier dont il reluit,
Sur sa joue osseuse les cuit
A mesure qu'elles y coulent.

*****

[ Maurice ROLLINAT (1846-1903) – Recueil : Paysages et Paysans ]

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25/11/2008

VALSES DE VIENNE

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Que diriez-vous d'une petite valse, à Vienne, évidemment... ?

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  ***** 

 

Invitation à la valse

 

C'était une amitié simple et pourtant secrète :
J'avais sur sa parure un fraternel pouvoir,
Et quand au seuil d'un bal nous nous trouvions le soir,
J'aimais à l'arrêter devant moi tout prête.

Elle abattait sa jupe en renversant la tête,
Et consultait mes yeux comme un dernier miroir,
Puis elle me glissait un furtif : "Au revoir !"
Et belle, en souveraine, elle entrait dans la fête.

Je l'y suivais bientôt. Sur un signe connu,
Parmi les mendiants que sa malice affame,
Je m'avançais vers elle et, modeste, ingénu :

"Vous m'avez accordé cette valse, madame ?"
J'avais l'air de prier n'importe quelle femme,
Elle me disait : "Oui", comme au premier venu.

 

*****

[ René-François SULLY PRUDHOMME (1839-1907) – Recueil : Les Vaines Tendresses ]

*****

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11/11/2008

LA LORELEI

Ce poème du poète allemand Heinrich HEINE évoque la légende de cette jeune fille blonde, trompée par son amant, chantant du haut de son rocher pour attirer les marins sur les récifs qui bordent le Rhin et faire chavirer leur bateau...

L'origine de ce poème emblématique de la période romantique que traversèrent la poésie allemande et la poésie française au XIXème siècle, est due à Clemens BRENTANO, poète rhénan (en 1810, pour cette version). Pour sa part, HEINE écrira "la Lorelei" en 1824.

LA LORELEI

(traduction libre en français)

medium_La_Lorelei.jpg

Mon Coeur, pourquoi ces noirs présages?
Je suis triste à mourir.
Une histoire des anciens âges
Hante mon Souvenir.
Déjà l'air fraîchit, le soir tombe,
Sur le Rhin, flot grondant;
Seul, un haut rocher qui surplombe
Brille aux feux du couchant.
Là-haut, des nymphes la plus belle,
Assise, rêve encore;
Sa main, où la bague étincelle,
Peigne ses cheveux d'or.
Le peigne est magique. Elle chante,
Timbre étrange et vainqueur,
Tremblez fuyez! la voix touchante
Ensorcelle le coeur.
Dans sa barque, l`homme qui passe,
Pris d`un soudain transport,
Sans le voir, les yeux dans l'espace,
Vient sur l`écueil de mort.
L'écueil brise, le gouffre enserre,
La nacelle est noyée,
Et voilà le mal que peut faire
Loreley sur son rocher.

[ Heinrich Heine (1797-1856) ]

*****

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04/11/2008

LA JUNGFRAU

C'est au retour d'un voyage à Venise, passant par la Suisse, que Musset composa ce poème à la gloire de cette montagne. On dit généralement "la" Jungfrau (sous-entendu : la montagne) : effet de style volontaire de la part de Musset de vouloir ainsi masculiniser le nom de l'un des plus beaux sommets des Alpes bernoises ? Rapport à son nom : "jung Frau" qui signifie jeune femme en français ?  Je n'ai pas trouvé d'explication avisée.

Toujours est-il que ce poème fut écrit durant la période où Musset était marqué par sa rupture d'avec la romancière George Sand...

 

Au Jungfrau

medium_Jungfrau.jpg

 Jungfrau, le voyageur qui pourrait sur ta tête
S'arrêter, et poser le pied sur sa conquête,
Sentirait en son coeur un noble battement,
Quand son âme, au penchant de ta neige éternelle,
Pareille au jeune aiglon qui passe et lui tend l'aile,
Glisserait et fuirait sous le clair firmament.

Jungfrau, je sais un coeur qui, comme toi, se cache.
Revêtu, comme toi, d'une robe sans tache,
Il est plus près de Dieu que tu ne l'es du ciel.
Ne t'étonne donc point, ô montagne sublime,
Si la première fois que j'en ai vu la cime,
J'ai cru le lieu trop haut pour être d'un mortel.

*****

[ Alfred de MUSSET (1810-1857) – Recueil : Premières poésies ]

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30/10/2008

LA TOUSSAINT

Vieille ferme à la Toussaint

 

***

 

La ferme aux longs murs blancs, sous les grands arbres jaunes,
Regarde, avec les yeux de ses carreaux éteints,
Tomber très lentement, en ce jour de Toussaint,
Les feuillages fanés des frênes et des aunes.

Elle songe et resonge à ceux qui sont ailleurs,
Et qui, de père en fils, longuement s'éreintèrent,
Du pied bêchant le sol, des mains fouillant la terre,
A secouer la plaine à grands coups de labeur.

Puis elle songe encor qu'elle est finie et seule,
Et que ses murs épais et lourds, mais crevassés,
Laissent filtrer la pluie et les brouillards tassés,
Même jusqu'au foyer où s'abrite l'aïeule.

Elle regarde aux horizons bouder les bourgs ;
Des nuages compacts plombent le ciel de Flandre ;
Et tristement, et lourdement se font entendre,
Là-bas, des bonds de glas sautant de tour en tour.

Et quand la chute en or des feuillage effleure,
Larmes ! ses murs flétris et ses pignons usés,
La ferme croit sentir ses lointains trépassés
Qui doucement se rapprochent d'elle, à cette heure,
Et pleurent.

 

*****

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[ Emile VERHAEREN (1855-1916) – Recueil : Toute la Flandre ]

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