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23/11/2007

MAIS, QUI C'EST, GEORGIA ?...

Un poème de Philippe SOUPAULT que mon épouse aurait appris à l'école...
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[ Ph. X ]

Philippe SOUPAULT (1897 - 1990), poète, romancier, auteur de théâtre, d'essais et de nouvelles, participa aux mouvements "Dada" et "Surréalisme". Son style poétique peut être qualifié d'avant-gardiste, cela se ressent, je pense, dans ce poème : Georgia (1926)...

 Georgia

Je ne dors pas Georgia
Je lance des flêches dans la nuit Georgia
j'attends Georgia
Le feu est comme la neige Georgia
La nuit est ma voisine Georgia
J'écoute les bruits tous sans exception Georgia
je vois la fumée qui monte et qui fuit Georgia
je marche à pas de loup dans l'ombre Georgia
je cours voici la rue les faubourgs Georgia
Voici une ville qui est la même
et que je ne connais pas Georgia
je me hâte voici le vent Georgia
et le froid et le silence et la peur Georgia
je fuis Georgia
je cours Georgia
Les nuages sont bas il vont tomber Georgia
j'étends les bras Georgia
je ne ferme pas les yeux Georgia
j'appelle Georgia
je t'appelle Georgia
Est-ce que tu viendras Georgia
bientôt Georgia
Georgia Georgia Georgia
Georgia
je ne dors pas Georgia
je t'attends Georgia

 

17:00 Publié dans Poésie, Littérature | Lien permanent | Commentaires (0) | | | | | Pin it!

14/11/2007

POURQUOI VOYAGER ?

 Une question à se poser : Pourquoi voyager ?

La réponse dans cet extrait du poème de BARBEY-d'AUREVILLY ?

[ Oh ! pourquoi voyager ? - Recueil : Poussières ]

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 Oh ! pourquoi voyager ? as-tu dit. C'est que l'âme

Se prend de longs ennuis et partout et toujours ;


C'est qu'il est un désir, ardent comme une flamme,


Qui, nos amours éteints, survit à nos amours !


C'est qu'on est mal ici ! - Comme les hirondelles,


Un vague instinct d'aller nous dévore à mourir ;


C'est qu'à nos coeurs, mon Dieu ! vous avez mis des ailes.


Voilà pourquoi je veux partir !

15:30 Publié dans Poésie, Littérature | Lien permanent | Commentaires (0) | | | | | Pin it!

02/11/2007

LA PUDEUR DE PAUL VALERY

Paul VALERY est né à Sète, surnommée l'île singulière, en 1871. Ecolier au lycée de Sète, il prétendra plus tard que ses meilleurs maîtres avaient été la mer et le soleil, qu'il apercevait de la cour d'école lorsqu'il avait été "mis au piquet" par ses professeurs.

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Il étudiera le droit afin d'essayer d'échapper à sa vocation de poète, mais l'amitié de Pierre LOUYS et la découverte des oeuvres de Mallarmé et Rimbaud, lui inspireront ses premiers vers. Il reviendra toujours à la poésie, même après une crise intellectuelle et sentimentale ou son grand silence de seize années entre 1896 et 1912, années durant lesquelles il renoncera aussi bien à la lecture qu'à la création littéraire...

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[ Paul VALERY - Ph. X ]

A partir de 1900, il sera le secrétaire du directeur général de l'agence Havas, car il lui faut subvenir aux besoins de la famille qu'il a fondée. Il occupera cette fonction jusqu'en 1922.

Ce n'est qu'en 1912, lorsque des amis lui demandent l'autorisation de publier ses vers de jeunesse, qu'il se révèle au grand public. En effet, avant la publication de ces poèmes, VALERY les peaufine et La Jeune Parque le rendra célèbre du jour au lendemain.

Il acceptera alors de devenir un homme de lettres officiel et sera élu à l'Académie Française en 1925. Il obtiendra en outre un poste de professeur de poétique au Collège de France en 1937. Conférencier, critique et essayiste brillant, il a droit à sa mort à des obsèques nationales (1945).

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Sète : le cimetière marin [ Ph. X - Découverte34.com ]

Le Cimetière Marin est l'un de ses poèmes les plus connus. Il hésitera à laisser publier ce poème, fruit d'une introspection sur sa vie affective et intellectuelle, alors qu'il était encore adolescent ; ce poème, nuancé d'un ton rarissime de confidence quasi-sentimentale. Modestie ? Pas tout à fait... Cette hésitation nous fait découvrir un Paul VALERY pudique et sensible, qualités propres à nous faire aimer son oeuvre. Pour qui veut bien apprécier la dimension humaine de ces sentiments...

Terminons par un (court) extrait de ce beau poème :

 Ce toit tranquille, où marchent des colombes,
Entre les pins palpite, entre les tombes;
Midi le juste y compose de feux
La mer, la mer, toujours recommencée
O récompense après une pensée
Qu'un long regard sur le calme des dieux!
[ ... ]

23/10/2007

AMITIE et TRAHISON

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COMPLAINTE

Les maux ne savent seuls venir :
Tout ce qui m’était à venir
Est advenu.
Que sont mes amis devenus
Que j’avais de si près tenus
Et tant aimés ?
Je crois qu’ils sont trop clair semés :
Ils ne furent pas bien fumés,
Si m’ont failli.
Ces amis-là m’ont bien trahi,
Car, tant que Dieu m’a assailli
En maint côté,
N’en vis un seul en mon logis :
Le vent, je crois, les m’a ôtés.
L’amour est morte :
Ce sont amis que vent emporte,
Et il ventait devant ma porte :
Les emporta.


[ RUTEBEUF ( 1230 ? - 1285 ? ) ]

14:30 Publié dans Poésie, Littérature | Lien permanent | Commentaires (0) | | | | | Pin it!

19/10/2007

OUI, C'EST L'AUTOMNE...

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[ Ph. FOLP ]


Salut ! bois couronnés d'un reste de verdure !
Feuillages jaunissants sur les gazons épars !
Salut, derniers beaux jours ! Le deuil de la nature
Convient à la douleur et plaît à mes regards !


[ L'Automne - Alphonse de LAMARTINE / Méditations poétiques ]

10:00 Publié dans Poésie, Littérature | Lien permanent | Commentaires (0) | | | | | Pin it!

13/10/2007

Mélancolie... (bis)

Arrête de bourlinguer sur tes mers noires,
Parle donc à cet oiseau qui te suit partout.


[ Silviane le Menn ]

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[ Deuxième parution pour cette note du 16 septembre dernier, suite au commentaire apporté par l'auteure des vers qui y étaient mis en exergue et reçu ce jour : ]

Bonjour,

Je suis l'auteur des vers imprimés au dos de cette carte postale.

Je suis étonnée mais contente de la trouver sur votre blog "languedocien". Merci au web qui abolit les frontières ! Merci à vous d'avoir apprécié ces vers au point de les publier.

Vous pouvez visiter mon site littéraire et artistique www.abadennou.fr Merci d'avance de le mentionner sous mon nom, sous la carte postale.

Cordialement.

Silviane Le Menn

15:40 Publié dans Poésie, Littérature | Lien permanent | Commentaires (1) | | | | | Pin it!

05/10/2007

UN POEME DE MOLIERE

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Molière est surtout connu comme auteur dramatique, mais moins comme poète. Je vous propose ici un de ses poèmes, extrait d'un recueil intitulé "Les Délices de la poésie galante des plus célèbres auteurs de ce temps", paru en 1666.

Molière a vécu à plusieurs reprises à Pézenas (Hérault), entre 1650 et 1656. Il a laissé son empreinte dans cette ville et, réciproquement, des Piscénois ont contribué à son inspiration pour la création de ses personnages, à tel point que Marcel Pagnol a pu dire : "Jean-Baptiste Poquelin est né à Paris. Molière est né à Pézenas". Je reviendrai sans doute sur ce sujet, un jour prochain...

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STANCES GALANTES


Souffrez qu'Amour cette nuit vous réveille ;
Par mes soupirs laissez-vous enflammer ;
Vous dormez trop, adorable merveille,
Car c'est dormir que de ne point aimer.

Ne craignez rien ; dans l'amoureux empire
Le mal n'est pas si grand que l'on le fait
Et, lorsqu'on aime et que le coeur soupire,
Son propre mal souvent le satisfait.

Le mal d'aimer, c'est de vouloir le taire :
Pour l'éviter, parlez en ma faveur.
Amour le veut, n'en faites point mystère.
Mais vous tremblez, et ce dieu vous fait peur !

Peut-on souffrir une plus douce peine ?
Peut-on subir une plus douce loi ?
Qu'étant des coeurs la douce souveraine,
Dessus le vôtre Amour agisse en roi ;

Rendez-vous donc, ô divine Amarante !
Soumettez-vous aux volontés d'Amour ;
Aimez pendant que vous êtes charmante,
Car le temps passe et n'a point de retour.

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11:15 Publié dans Poésie, Littérature | Lien permanent | Commentaires (1) | | | | | Pin it!

02/10/2007

LE SOLEIL S'EST NOYE DANS SON SANG QUI SE FIGE...

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[ Coucher de soleil au Mont Saint-Michel / Carte postale éd. JACK ]

Une belle image du Mont Saint-Michel et une allitération en "s" ( vous savez, c'est comme dans : "Pour qui sont ces serpents qui sifflent sur vos têtes ?" de Racine ) pour cette journée d'automne...


Voici venir les temps où vibrant sur sa tige
Chaque fleur s'évapore ainsi qu'un encensoir ;
Les sons et les parfums tournent dans l'air du soir ;
Valse mélancolique et langoureux vertige !

Chaque fleur s'évapore ainsi qu'un encensoir ;
Le violon frémit comme un coeur qu'on afflige ;
Valse mélancolique et langoureux vertige !
Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir.

Le violon frémit comme un coeur qu'on afflige,
Un coeur tendre, qui hait le néant vaste et noir !
Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir ;
Le soleil s'est noyé dans son sang qui se fige.

Un coeur tendre, qui hait le néant vaste et noir,
Du passé lumineux recueille tout vestige !
Le soleil s'est noyé dans son sang qui se fige...
Ton souvenir en moi luit comme un ostensoir !

[ Harmonie du soir - Charles BAUDELAIRE - Les Fleurs du Mal ]

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28/09/2007

UN POEME QUI COMPTE...

Louis I
Louis II
Louis III
Louis IV
Louis V
Louis VI
Louis VII
Louis VIII
Louis IX
Louis X (dit le Hutin)
Louis XI
Louis XII
Louis XIII
Louis XIV
Louis XV
Louis XVI
Louis XVII
Louis XVIII
et plus personne plus rien...
qu'est-ce que c'est que ces gens-là
qui ne sont pas foutus
de compter jusqu'à vingt ?

[ Jacques PREVERT / extrait de : Paroles - Les Belles Familles ]

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23/09/2007

C'EST DIMANCHE...

DIMANCHE MATIN
[ Emile VERHAEREN (1855 - 1916) // Recueil : Les Flamandes ]

Oh ! Les éveils des bourgades sous l'or des branches,
Où courent la lumière et l'ombre - et les roseaux
Et les aiguilles d'or des insectes des eaux
Et les barres des ponts de bois et leurs croix blanches.

Et le pré plein de fleurs et l'écurie en planches
Et le bousculement des baquets et des seaux
Autour de la mangeoire où grouillent les pourceaux,
Et la servante, avec du cru soleil aux manches.

Ces nets éveils dans les matins ! - Des mantelets,
Des bonnets blancs et des sarraus, par troupelets,
Gagnaient le bourg et son clocher couleur de craie.

Pommes et bigarreaux ! - Et, par-dessus la haie
Luisaient les beaux fruits mûrs, et, dans le verger clair,
Brusque, comme un sursaut, claquait du linge en l'air.

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