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08/04/2014

LA PLAINE (EST MORNE ET MORTE)

 Un poème d'Emile VERHAEREN qui décrit bien le (triste) spectacle que présentait le paysage du bassin minier du Nord - Pas-de-Calais et de Belgique (le Borinage) à la fin du XIXème siècle - début du XXème siècle, avec l'exploitation du charbon.

Au fil des vers, nous ressentons bien le dégoût que veut exprimer le poète devant l'industrialisation et les dégâts infligées à la nature...

Heureusement, ces régions ont bien changé depuis !

Fosse et corons.jpg

LA PLAINE

 

La plaine est morne, avec ses clos, avec ses granges
Et ses fermes dont les pignons sont vermoulus,
La plaine est morne et lasse et ne se défend plus,
La plaine est morne et morte - et la ville la mange.

Formidables et criminels,
Les bras des machines diaboliques,
Fauchant les blés évangéliques,
Ont effrayé le vieux semeur mélancolique
Dont le geste semblait d'accord avec le ciel.

L'orde fumée et ses haillons de suie
Ont traversé le vent et l'ont sali :
Un soleil pauvre et avili
S'est comme usé en de la pluie.

Et maintenant, où s'étageaient les maisons claires
Et les vergers et les arbres parsemés d'or,
On aperçoit, à l'infini, du sud au nord,
La noire immensité des usines rectangulaires.

(...)

[ Emile VERHAEREN (1855-1916) - Recueil : Les villes tentaculaires ]

***

Bonne journée à tous !

*****

Vous pouvez lire la suite du poème en cliquant sur le lien ci-après :

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30/03/2014

UNE DAME CREOLE

Dame créole.jpg

 

A une dame créole

 

Au pays parfumé que le soleil caresse,
J’ai connu, sous un dais d’arbres tout empourprés
Et de palmiers d’où pleut sur les yeux la paresse,
Une dame créole aux charmes ignorés.

Son teint est pâle et chaud ; la brune enchanteresse
A dans le cou des airs noblement maniérés ;
Grande et svelte en marchant comme une chasseresse,
Son sourire est tranquille et ses yeux assurés.

Si vous alliez, Madame, au vrai pays de gloire,
Sur les bords de la Seine ou de la verte Loire,
Belle digne d’orner les antiques manoirs,

Vous feriez, à l’abri des ombreuses retraites,
Germer mille sonnets dans le coeur des poètes,
Que vos grands yeux rendraient plus soumis que vos noirs.

*

[ Charles BAUDELAIRE (1821-1867) - Recueil : Les Fleurs du Mal ]

Antilles.jpg

***

Bon dimanche à tous !

*****

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26/01/2014

GERARD DE NERVAL

Le 26 janvier 1855 mourait le poète et écrivain Gérard de NERVAL...

***

Gérard de Nerval, de son vrai nom Gérard Labrunie, est un poète et écrivain français.

Il fut fortement influencé par le romantisme allemand (il traduisit le Faust de Goethe de manière admirable). Il se lia d'amitié avec Théophile Gautier, Victor Hugo et Heinrich Heine et prit la défense des modernes dans la querelle d’Hernani.

Épris de l'actrice Jenny Colon, Nerval lui voua un culte idolâtre qui prit des formes nouvelles à la mort de celle-ci : figure de la Mère perdue, mais aussi de la Femme idéale.

Il connut à partir de 1841 plusieurs crises de démence qui le conduisirent à la maison de santé du docteur Blanche. Dès lors, ses séjours dans cet établissement alternèrent avec ses voyages, en Allemagne, au Moyen-Orient.

 Ses dernières années furent marquées par la détresse matérielle et morale. On le retrouva pendu à une grille d'un bouge, rue de la Vieille-Lanterne, le 26 janvier 1855, dans le « coin le plus sordide qu'il ait pu trouver », comme l'a noté Baudelaire.

Il a composé Les Filles du Feu (1854), Sylvie, Aurélia, les sonnets des Chimères (1854).

[ Sources div. ]

Nerval.jpg

***

 

Le poème "Epitaphe", que je vous propose de lire, fait partie du recueil "Poésies diverses" écrit de 1841 à 1846, soit dans la période où le poète connut ses crises de démence, d'où le caractère sombre de ce sonnet et l'impression d'une profonde désespérance que l'on ressent à sa lecture...

 

Epitaphe

Il a vécu tantôt gai comme un sansonnet,
Tour à tour amoureux insoucieux et tendre,
Tantôt sombre et rêveur comme un triste Clitandre.
Un jour il entendit qu'à sa porte on sonnait.

C'était la Mort ! Alors il la pria d'attendre
Qu'il eût posé le point à son dernier sonnet ;
Et puis sans s'émouvoir, il s'en alla s'étendre
Au fond du coffre froid où son corps frissonnait.

Il était paresseux, à ce que dit l'histoire,
Il laissait trop sécher l'encre dans l'écritoire.
Il voulait tout savoir mais il n'a rien connu.

Et quand vint le moment où, las de cette vie,
Un soir d'hiver, enfin l'âme lui fut ravie,
Il s'en alla disant : " Pourquoi suis-je venu ? "

***

Gérard de NERVAL (1808-1855) – Recueil : Poésies diverses

***

Bon dimanche à tous !

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06/01/2014

L'ANNIVERSAIRE DE SHERLOCK HOLMES

Aujourd'hui, 6 janvier, serait la date anniversaire de la naissance de Sherlock Holmes...

En effet, selon son auteur, Sir Arthur Conan Doyle qui créa le personnage en 1887 dans un roman policier intitulé "Une Etude en rouge", Holmes serait né le 6 janvier 1854, fils cadet d'un père propriétaire fermier et d'une mère d'origine française !

De ce fait, j'ai pensé qu'il serait bon de rééditer ma note du 30 avril 2011 qui était consacrée au musée Sherlock Holmes de Londres...

David Rathbone.jpg

L'acteur Basil Rathbone dans le rôle du fameux détective.

[ Infos : Les éphémérides d'Alcide et Wikipedia ]

Lire la suite

24/12/2013

POEME : MESSE DE MINUIT

Alphonse Beauregard, poète reconnu mais peu connu en France est né à Compton au Canada. Encore tout jeune, à la mort de son père, il doit abandonner ses études et s’exerce à différents petits travaux. 1906, il commence alors à publier des poèmes dans divers journaux et autres revues (souvent sous le pseudonyme de A. Chasseur).

Un peu plus tard, il participe de manière active à la rédaction du Terroir et devient dans un même temps secrétaire de l'école littéraire de Montréal. En ce qui concerne ses œuvres, elles sont assez nombreuses, on citera par exemple Les forces en 1912 édité chez Arbour & Dupont à Montréal, et Les Alternances, recueil de poèmes en 1921, édité par Roger Maillet à Montréal. On peut aussi évoquer Le Blé Despotique, Désir Simple, Le Damné, Le Dernier dieu, l’Eternel Féminin, Nocturne, L’Iroquois, Le Sentier, Nouvel Amour, Vigile… 

Malheureusement, c’est à seulement 43 ans, lorsqu’il est enfin élu Président de l’école littéraire qu’il meurt asphyxié…en 1924. [ Source : clpav.fr ]

 

Porte-plume.jpg

Dans ce poème, Messe de Minuit, Beauregard a une vision plutôt pessimiste et même fataliste de la religion, comme le prouvent les trois derniers vers :

Messe de minuit.jpg

[ Vous pouvez cliquer sur l'image ci-dessus pour l'ouvrir,

en plus grand format, dans une nouvelle fenêtre... ]

***

Bonne journée à tous !

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08/12/2013

AU CHAMP D'HONNEUR

John Alexander McCrae (30 novembre 1872 - 28 janvier 1918) est un médecin militaire né au Canada. Il est connu comme l'auteur du poème Au champ d'honneur (In Flanders Fields).

John Mc Crae est un médecin biologiste qui s'est enrolé volontairement d'abord pour la Seconde Guerre des Boers en Afrique du Sud puis dans le Corps expéditionnaire canadien pendant la Grande Guerre. Il a été promu au grade de lieutenant-colonel du Corps médical canadien. C'est lui qui aurait écrit en mai 1915 à Boezinge un poème en pleine bataille des Flandres. Il décède à l'Hôpital militaire britannique de Wimereux à la fin de janvier 1918.

Le poème In Flanders Fields évoque avec simplicité les champs de bataille des Flandres. Il est devenu pour les Canadiens et les Britanniques le symbole d'une génération fauchée dans la fleur de l'âge, à l'instar des romans de Roland Dorgelès ou de Maurice Genevoix pour les Français.

Une partie de ce poème est affichée dans le vestiaire de l'équipe de hockey Canadien de Montréal, de la Ligue nationale de hockey, sous les photos des joueurs qui ont été admis au Temple de la renommée du hockey : « Nos bras meurtris vous tendent le flambeau, à vous toujours de le porter bien haut. »

Le gouvernement canadien a fait faire une traduction officielle du poème sous le titre Au champ d'honneur.

[ Source : Wikipedia ]

Le poème en question est publié pour la première fois le 8 décembre 1915, il était écrit à la main :

In Flanders Fields.jpg

AU CHAMP D'HONNEUR

Dans les champs de Flandres.png

Beaucoup d'écrivains et de poètes sont morts au champ d'honneur ou des suites de leurs blessures, durant la première Guerre mondiale. Certains nous sont très connus : Charles Péguy, Alain-Fournier, Guillaume Apollinaire... mais, d'autres le sont beaucoup moins, surtout lorsqu'il s'agit d'auteurs étrangers.

John McCrae fait partie de ces écrivains et poètes étrangers morts durant le conflit de 1914-1918, qui se sont battus pour des pays qu'ils ne connaissaient pas et pour défendre notre liberté...

13/11/2013

JARDINS DE NOVEMBRE

Un poème de circonstance, écrit par Louis CHADOURNE, un poète et écrivain dont les oeuvres (poèmes et romans) furent longtemps oubliés, mais en partie réédités aux éditions La Table Ronde, récemment.

Il mourut jeune (35 ans) des suites d'une maladie nerveuse contractée durant la première Guerre mondiale...

 

Jardins de Novembre 

Novembre.3.jpg

[ Louis CHADOURNE (1890-1925) - Recueil : Accords ]

***

Bonne journée à tous !

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04/09/2013

BÊTISE DE LA GUERRE

Un thème qui est, hélas, toujours d'actualité...

Bêtise de la guerre.png.jpg

[ Vous pouvez cliquer sur l'image pour l'afficher en plus grand format, dans une nouvelle fenêtre ]

***

Bonne journée à tous !

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06/08/2013

STEVENSON DANS LES CEVENNES


Je réédite ma note du 14 mai 2008 qui était consacrée au livre de Robert-Louis Stevenson : "Voyages avec un âne dans les Cévennes", car c'est justement le livre que je suis en train de lire. En outre, il fut question de cette oeuvre sur France Info, hier matin...

Bien qu'acheté lors de notre départ en vacances, vous noterez que je n'ai pas eu le temps (ni le courage !) de lire ce livre pendant notre mois d'évasion !...

1-Stevenson.jpg


Le périple que fit Robert Louis STEVENSON, l'illustre écrivain auteur de "L'île au trésor" et de "L'étrange cas du Dr Jekyll et de Mr Hyde" est plus qu'une simple anecdote, comme vous le comprendrez en lisant ceci :

Comment un auteur écossais comme Stevenson (1850 - 1895) débarque-t-il dans cette contrée alors fort isolée, ce qu'elle est d'ailleurs encore partiellement à l'heure actuelle ? Eh bien, à cause d'un chagrin d'amour. Il était tombé amoureux de l'Américaine Fanny Osborne, mais la dame lui restait encore inaccessible (En fait, il l'épousa quand même, mais plus tard). Son médecin de famille et ami lui conseilla de se changer les idées. Pour retrouver ses esprits, il alla à la campagne; ce fut Le Monastier-sur-Gazeille.

Depuis cette localité, il effectue une randonnée en compagnie d'une ânesse, nommée Modestine, le bât fixé sur l'animal est un sac servant à contenir ses effets et son sac de couchage. Parti le 22 septembre 1878 de Haute-Loire, il atteint douze jours plus tard la petite ville de Saint-Jean-du-Gard.

medium_Stevenson_dans_les_cévennes.jpg

Son parcours a cheminé dans le Velay, la Lozère ou ancien pays de Gévaudan (mont Lozère et Cévennes), en passant par les communes de Langogne, Luc, Le Bleymard, Pont-de-Montvert, Florac et St-Germain de Calberte, en pays camisard.

Aujourd'hui cette randonnée de 230 km est connue sous le nom de « chemin de Stevenson » et est référencée comme sentier de grande randonnée GR70.

medium_G.R._70.jpg

Le récit de ce périple, "Voyage avec un âne dans les Cévennes" publié en 1879, demeure aujourd'hui encore le livre de chevet de nombreux randonneurs.

[ Voir aussi la note de Janie (blog "Kerkyra43") :

le chemin de Robert Lewis Balfour Stevenson ]

***

Bonne journée à tous !

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17/05/2013

CREPUSCULE


LE CREPUSCULE EST TRISTE ET DOUX COMME UN ADIEU
 

 

Nature (1).jpg

Le crépuscule est triste et doux comme un adieu.
A l'orient déjà, dans le ciel sombre et bleu
Où lentement la nuit qui monte étend ses voiles,
De timides clartés, vagues espoirs d'étoiles,
Contemplent l'occident clair encore, y cherchant
Le rose souvenir d'un beau soleil couchant.
Le vent du soir se tait. Nulle feuille ne tremble,
Même dans le frisson harmonieux du tremble ;
Et l'immobilité se fait dans les roseaux
Que l'étang réfléchit au miroir de ses eaux.
En un parfum ému chaque fleur s'évapore
Pure, et les rossignols ne chantent pas encore.

Pour échanger tout bas nos éternels aveux,
Chère, nous choisirons cette heure, si tu veux.
Nous prendrons le chemin tournant de la colline.
Mon front se penchera vers ton front qui s'incline ;
Et nos baisers feront des concerts infinis,
Si doux que les oiseaux, réveillés dans leurs nids,
Trouveront la musique, à cette heure, indiscrète
Et se demanderont quelle bergeronnette
Ou quel chardonneret est assez débauché
Pour faire l'amour quand le soleil s'est couché.

[ François COPPEE (1842-1908) – Recueil : Intimités ]

***

Bonne journée à tous !

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