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02/09/2010

REVE D'ECOLIER ?

LA BLANCHE ECOLE OU JE VIVRAI

 

Ecole.jpg

 

La blanche école où je vivrai
N'aura pas de roses rouges
Mais seulement devant le seuil
Un bouquet d'enfants qui bougent
On entendra sous les fenêtres
Le chant du coq et du roulier;
Un oiseau naîtra de la plume
Tremblante au bord de l'encrier
Tout sera joie! Les têtes blondes
S'allumeront dans le soleil,
Et les enfants feront des rondes
Pour tenter les gamins du ciel.

 

[ René Guy CADOU (1920-1951) ]

 

René Guy Cadou était né en 1920. Il avait écrit, comme une prémonition : "Je ne ferai jamais que quelques pas sur cette terre". À partir de 1943, Hélène, épousée en 1946, l'accompagne. Hélène Cadou , poète comme lui, pour qui il a écrit "Hélène ou le règne végétal", publié en février 1951 (Le poète est mort de maladie en mars de la même année, à 31 ans).

[ Source : http://lieucommun.canalblog.com ]

*****

 

 

18:15 Publié dans Poésie, Littérature | Lien permanent | Commentaires (0) | | | | | Pin it!

10/08/2010

EST-CE QUE LES OISEAUX SE CACHENT POUR MOURIR ?

Ce poème de François COPPEE fait penser au livre best-seller de Colleen McCULLOUGH, l'écrivaine australienne dont le roman "Les oiseaux se cachent pour mourir" fit l'objet d'une série télévisée à succès durant les années 1980... Mais, mis à part le titre des deux oeuvres, le thème développé dans le livre de la romancière n'a pas grand-chose à voir avec le poème ci-dessous...

EST-CE QUE LES OISEAUX SE CACHENT

POUR MOURIR   ?

 Humour (4).jpg

Le soir, au coin du feu, j'ai pensé bien des fois
À la mort d'un oiseau, quelque part, dans les bois.
Pendant les tristes jours de l'hiver monotone,
Les pauvres nids déserts, les nids qu'on abandonne,
Se balancent au vent sur un ciel gris de fer.
Oh ! comme les oiseaux doivent mourir l'hiver !
Pourtant, lorsque viendra le temps des violettes,
Nous ne trouverons pas leurs délicats squelettes
Dans le gazon d'avril, où nous irons courir.
Est-ce que les oiseaux se cachent pour mourir ?

 *

[ François COPPEE (1842-1908)

 Recueil : Promenades et Intérieurs ]

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04/08/2010

BESSY : TOU(TOU)T UN POEME !

2010.08.03 (5).JPG
*
Bessy a trouvé ce poème pour enfants, sur le Net.
Quel flair !...
Evidemment, il y est question du chien :
*

Mon chien

Il prend ma main pour me guider
Me fait des fêtes pour un rien
Il se promène à mes côtés
C'est mon ami. Car c'est mon chien.

J'aime beaucoup le caresser
Lisse et doux est son pelage
Ses yeux expriment ses pensées
Il est loin d'être sauvage.

Parfois, j'ai l'impression de voir
Dans son visage familier
Des craintes et des désespoirs
Dont seul, il garde le secret.

Mais il est l'ami de l'homme
Et nous lui devons du respect
Car de lui, toujours il donne
Le plus beau : la fidélité

J. Bartès

*****

BESSY souhaite à tous une bonne journée !

17/07/2010

PETITE FLEUR DE PAPILLON

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Pour ensoleiller ce samedi (bien qu'un certain dicton nous enseigne "qu'il n'y a pas de samedi sans soleil"), voici une photo prise sur notre balcon, il y a quelques jours.
Vous remarquerez le machaon qui s'était posé pour butiner nos géraniums...
*

Naître avec le printemps, mourir avec les roses,
Sur l'aile du zéphyr nager dans un ciel pur,
Balancé sur le sein des fleurs à peine écloses,
S'enivrer de parfums, de lumière et d'azur,
Secouant, jeune encor, la poudre de ses ailes,
S'envoler comme un souffle aux voûtes éternelles,
Voilà du papillon le destin enchanté!
Il ressemble au désir, qui jamais ne se pose,
Et sans se satisfaire, effleurant toute chose,
Retourne enfin au ciel chercher la volupté!

*

[ Alphonse de LAMARTINE (1790-1869)

- Le Papillon /Recueil : Nouvelles Méditations Poétiques ]

*

2010.04.20 (2).JPG
BESSY se joint à moi pour vous souhaiter une BONNE JOURNEE !
*****

28/04/2010

MADRIGAL

Amour courtois.gif

Ronsard, fondateur de la Pléiade, a 54 ans lorsqu'il rencontre la jeune Hélène de Surgères, demoiselle de compagnie à la cour de Catherine de Medicis et veuve d'un capitaine (Jacques de La Rivière, tué durant la guerre civile).

 

 

 Ronsard tombera amoureux de la jeune femme et lui consacrera tout un recueil de poèmes : les "Sonnets pour Hélène", la plupart inspirés de la tradition de l'amour courtois du Moyen Age.

 

 Dans ce "Madrigal", Ronsard évoque ses souffrances d'amoureux dédaigné et idéalise sa dame pour enfin lui avouer sa flamme, dans le dernier quatrain...

 

Madrigal

 

Si c'est aimer, Madame, et de jour, et de nuit
Rêver, songer, penser le moyen de vous plaire,
Oublier toute chose, et ne vouloir rien faire
Qu'adorer et servir la beauté qui me nuit :

Si c'est aimer que de suivre un bonheur qui me fuit,
De me perdre moi même et d'être solitaire,
Souffrir beaucoup de mal, beaucoup craindre et me taire,
Pleurer, crier merci, et m'en voir éconduit :

Si c'est aimer que de vivre en vous plus qu'en moi même,
Cacher d'un front joyeux, une langueur extrême,
Sentir au fond de l'âme un combat inégal,
Chaud, froid, comme la fièvre amoureuse me traite :

Honteux, parlant à vous de confesser mon mal !
Si cela est aimer : furieux je vous aime :
Je vous aime et sait bien que mon mal est fatal :
Le coeur le dit assez, mais la langue est muette.

 

***

[ Pierre de RONSARD (1524-1585) – Recueil : Sonnets pour Hélène ]

 

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17/03/2010

MARS PREPARE LE PRINTEMPS...

Image1.jpg
*
Théophile GAUTIER (1811-1872)
Recueil : Emaux et Camées

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25/02/2010

NELLIGAN

Drapeau canadien.gifEmile NELLIGAN, né et décédé à Montréal (1879-1941) est considéré comme un des plus grands poètes québecquois. Disciple du mouvement symboliste, il fut influencé par BAUDELAIRE, VERLAINE, Maurice ROLLINAT, mais aussi par les poètes canadiens tels Louis FRECHETTE et Octave CREMAZIE. Son poème "Soir d'Hiver" est un grand classique de la poésie québecquoise.

REVE DE WATTEAU

Le Rêve de l'Artiste.jpg

[ Watteau - Le Rêve de l'Artiste ]

*

Quand les pastours, aux soirs des crépuscules roux
Menant leurs grands boucs noirs aux râles d'or des flûtes,
Vers le hameau natal, de par delà les buttes,
S'en revenaient, le long des champs piqués de houx ;

Bohèmes écoliers, âmes vierges de luttes,
Pleines de blanc naguère et de jours sans courroux,
En rupture d'étude, aux bois jonchés de brous
Nous allions, gouailleurs, prêtant l'oreille aux chutes

Des ruisseaux, dans le val que longeait en jappant
Le petit chien berger des calmes fils de Pan
Dont le pipeau qui pleure appelle, tout au loin.

Puis, las, nous nous couchions, frissonnants jusqu'aux moelles,
Et parfois, radieux, dans nos palais de foin,
Nous déjeunions d'aurore et nous soupions d'étoiles.

*

[ Emile NELLIGAN (1879-1941) – Recueil : Motifs poétiques ]

*****

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04/02/2010

JEAN-PIERRE CLARIS DE FLORIAN

 L’AUTEUR ET LA SOURIS

Un auteur se plaignait que ses meilleurs écrits
Etaient rongés par les souris.
Il avait beau changer d'armoire,
Avoir tous les pièges à rats
Et de bons chats,
Rien n'y faisait : prose, vers, drame, histoire,
Tout était entamé ; les maudites souris
Ne respectaient pas plus un héros et sa gloire,
Ou le récit d'une victoire,
Qu'un petit bouquet à Chloris.
Notre homme au désespoir, et, l'on peut bien m'en croire,
Pour y mettre un auteur peu de chose suffit,
Jette un peu d'arsenic au fond de l'écritoire ;
Puis, dans sa colère, il écrit.
Comme il le prévoyait, les souris grignotèrent,
Et crevèrent.
C'est bien fait, direz-vous ; cet auteur eut raison.
Je suis loin de le croire : il n'est point de volume
Qu'on n'ait mordu, mauvais ou bon ;
Et l'on déshonore sa plume
En la trempant dans du poison.

***

[ Jean-Pierre Claris de FLORIAN (1755-1794) – Recueil : Fables ] 

Fables Florian.gif

Jean-Pierre Claris de FLORIAN : Né dans les Cévennes, à Logrian près de Sauve (Gard), le 6 mars 1755.
Officier de dragons, il était un des familiers du château de Sceaux et le protégé de Voltaire qui était allié de sa famille. Auteur dramatique, romancier, poète, fabuliste, il fut lauréat de l'Académie. Il y remplaça, le 6 mars 1788, le cardinal de Luynes et fut reçu le 14 mai 1788 par Michel-Jean Sedaine. Banni de Paris pendant la Révolution, il fut emprisonné sous la Terreur et relâché au 9 thermidor ; il mourut des souffrances endurées pendant sa détention, une année après, âgé de trente-neuf ans. Il a laissé des Fables, les meilleures après celles de La Fontaine, quelques pièces de théâtre et des pastorales, plus une traduction un peu trop libre de Cervantès. Mort le 12 septembre 1794. [ Source : Académie française ].

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25/01/2010

UN GRAND POETE OCCITAN

Max ROUQUETTE (1908-2005) est un poète et écrivain de langue occitane, né à Argelliers (Hérault), défenseur de la culture d'oc et de la littérature occitane, auteur de nombreuses oeuvres : piéces de théâtre, recueils de poésie et de prose. 

Max Rouquette.jpg

 

Il ne sera reconnu en France et à l'étranger qu'après les

premières traductions de ses écrits.

La ville de Montpellier, reconnaissante,2009.06.21 (26).JPG

rebaptisera la place des Arceaux,

place Max Rouquette, en 2006.

Vert Paradis, un recueil de courts récits ayant

pour cadre les garrigues de l'arrière-pays montpelliérain,

est son oeuvre majeure.

Le poème qui suit est extrait du recueil

Lo Maucor de l'Unicorn (Le Tourment de la Licorne),

paru aux Editions Domens de Pézenas :

 

Los mots

Los mots son des sòus traucats.
Per jogar als osselets
ne vòle cafir ma pauma.
E ne faire gisclar son cant perdut,
ambe d’ulhauç de lusor nòva.
An delembrat çò que disián,
son tornats vèrges dins l’espandi.
Lo sòu traucat es vengut nòu.
Ne vòle faire de solelhs
e de lunas emai d’estèlas
qu’entre eles s’entrelusiràn.


Entre dos sangluts de quitarra
s’estira un sègle de dolor.

 En voici la traduction :

Les mots

 

Les mots sont des sous troués.

Pour jouer aux osselets

Je veux en remplir ma paume.

Et leur faire crier leur chant perdu

Dans des éclairs de clarté neuve.

Ils ont oublié ce qu’ils disaient,

A nouveau vierges dans l’espace.

Le sou troué redevient neuf.

Je veux en faire des soleils

Et des lunes et des étoiles,

Qui s’illumineront entre elles.

 

Entre deux sanglots de guitare

S’étire un siècle de douleur.

*****

17/01/2010

HUGO ET GOOGLE LIVRES

Ce matin, pas moyen d'accéder à la gestion du blog ; le site Blog50.com ne répondait pas... J'en ai profité pour tester (ce qui met trottait dans la tête depuis quelque temps) le site Google Livres (ou Google Books, si vous préférez).

Ce service de numérisation de millions d'oeuvres littéraires de tous pays existe depuis 2004, mais n'a vraiment commencé à se faire connaître que ces toutes dernières années, notamment à cause des procès intentés par certains éditeurs contre Google au sujet des droits d'auteurs (en 2009, en France, les Editions de La Martinière, par exemple). Une façon comme une autre de faire parler de soi... !

A propos des droits d'auteurs, si beaucoup de livres sont disponibles dans leur intégralité sur le site, d'autres en sont absents ou ne figurent que sous la forme de quelques extraits, soit parce que les oeuvres ne sont pas libres de droits (moins de 70 ans après le décès de l'auteur), ou suite à une opposition ou des restrictions émises par l'éditeur.

books_logo.gif

Quelques bribes de vers de Victor Hugo me sont revenus en mémoire (Hé, oui, il m'en reste encore un peu...) : "Donne-lui à boire ! (...) dit mon père" et je me suis mis en quête de retrouver l'origine de ces mots...

Hugo.jpg

Je me doutais que cet extrait provenait du recueil de poèmes "La Légende des Siècles", une oeuvre colossale écrite par l'exilé de Guernesey entre 1855 et 1876. Je sélectionnai le volume I et recherchai le mot "boire" via le moteur de recherches fourni par Google. N'ayant rien trouvé d'adequat, je passai au volume 2 et là, surprise, la fameuse phrase apparut, à la page 174, dans son contexte. Elle fait partie du poème "Après la bataille". Désirant faire figurer ce poème dans une note, je cherchai à le copier. Alors, là, un petit conseil, si vous désirez copier un passage d'oeuvre - sans imprimer le bouquin en entier ! - cliquez sur "texte brut". Il ne vous reste qu'à copier/coller sous Word, par exemple.

Voici le poème de Victor Hugo : 

APRÈS LA BATAILLE

*

Mon père, ce héros au sourire si doux,

Suivi d'un seul housard qu'il aimait entre tous

Pour sa grande bravoure et pour sa haute taille,

Parcourait à cheval, le soir d'une bataille,

Le champ couvert de morts sur qui tombait la nuit.

II lui sembla dans l'ombre entendre un faible bruit.

C'était un Espagnol de l'armée en déroute

Qui se traînait sanglant sur le bord de la route,

Râlant, brisé, livide, et mort plus qu'à moitié,

Et qui disait : « A boire ! à boire par pitié ! »

Mon père, ému, tendit à son housard fidèle

Une gourde de rhum qui pendait à sa selle,

Et dit : « Tiens, donne à boire à ce pauvre blessé. »

Tout à coup, au moment où le housard baissé

Se penchait vers lui, l'homme, une espèce de Maure,

Saisit un pistolet qu'il étreignait encore,

Et vise au front mon père en criant : « Caramba ! »

Le coup passa si près, que le chapeau tomba,

Et que le cheval fit un écart en arrière.

« Donne-lui tout de même à boire, » dit mon père.

 

Victor HUGO

LA LEGENDE DES SIECLES, 1ère série HISTOIRE – Les petites épopées

Volume 2, 1859

 

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