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14/01/2017

TEMPÊTE...

Un poème de circonstance, en ces temps... tourmentés !

 

Rembrandt.jpg

(Le Christ dans la tempête sur la mer de Galilée, par Rembrandt - 1633)

 

PENDANT LA TEMPÊTE

 

La barque est petite et la mer immense ;

La vague nous jette au ciel en courroux,

Le ciel nous renvoie au flot en démence :

Près du mât rompu prions à genoux !

 

De nous à la tombe, il n'est qu'une planche.

Peut-être ce soir, dans un lit amer,

Sous un froid linceul fait d'écume blanche,

Irons-nous dormir, veillés par l'éclair !

 

Fleur du paradis, sainte Notre-Dame,

Si bonne aux marins en péril de mort,

Apaise le vent, fais taire la lame,

Et pousse du doigt notre esquif au port.

 

Nous te donnerons, si tu nous délivres,

Une belle robe en papier d'argent,

Un cierge à festons pesant quatre livres,

Et, pour ton Jésus, un petit saint Jean.

 *

 [ Théophile GAUTIER (1811-1872) – Recueil : España ]

***

Bonne journée et bon week-end à tous !

*****

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06/01/2017

LES ROIS MAGES

L'adoration des Rois Mages.jpg

Aujourd'hui, ce devrait être la fête de l'Épiphanie, mais...

L'Épiphanie est une fête chrétienne qui célèbre le Messie venu et incarné dans le monde et qui reçoit la visite et l'hommage des rois mages. Elle a lieu le 6 janvier.

Depuis 1971, dans les pays où l'Épiphanie n'est pas un jour férié, elle peut se fêter le deuxième dimanche après Noël, c'est-à-dire le premier dimanche qui suit le 1er janvier. En France c'est le cas depuis 1802, règle qui a été instaurée par un décret du cardinal Caprara, légat du pape Pie VII. [ Wikipedia ]

 

Cela n'empêche pas de publier le poème de José-Maria de Heredia :

 

Épiphanie

 

Donc, Balthazar, Melchior et Gaspar, les Rois Mages,

Chargés de nefs d'argent, de vermeil et d'émaux

Et suivis d'un très long cortège de chameaux,

S'avancent, tels qu'ils sont dans les vieilles images.

 

De l'Orient lointain, ils portent leurs hommages

Aux pieds du fils de Dieu, né pour guérir les maux

Que souffrent ici-bas l'homme et les animaux ;

Un page noir soutient leurs robes à ramages.

 

Sur le seuil de l'étable où veille saint Joseph,

Ils ôtent humblement la couronne du chef

Pour saluer l'Enfant qui rit et les admire.

 

C'est ainsi qu'autrefois, sous Augustus Caesar,

Sont venus, présentant l'or, l'encens et la myrrhe,

Les Rois Mages Gaspar, Melchior et Balthazar.

*

[ José-Maria de HEREDIA (1842-1905) - Recueil : Les Trophées ]

***

Toutefois, n'oubliez pas de fêter les Rois, dimanche prochain,

avec la fameuse galette et sa fève...

***

Bonne journée à tous !

*****

01/11/2016

TOUSSAINT D'ANTAN

Je découvre, (avec vous, peut-être), Michel Gelin, ce poète belge contemporain et partage l'un de ses poèmes ayant pour thème la Toussaint... c'est de circonstance.

 

Michel Gelin est né à Spa, en Belgique. Après ses études primaires et secondaires à Spa et Ferrières, il a entrepris avec succès une formation à l'institut pour journalistes de Belgique à Bruxelles avant d'effectuer un stage au journal La Cité. Sa carrière s'est principalement centrée sur l'entreprise familiale, l'hôtel Trianon à Spa. Son engouement pour la photographie et la littérature l'ont conduit, pour la première, à la création de montages audiovisuels, pour la seconde, à l'écriture de nouvelles et de poèmes. En collaboration, il a fondé en 2003, le cercle littéraire de Spa « L'oxymore » dans lequel il œuvre encore actuellement. L'auteur est titulaire de plusieurs prix, tant pour ses nouvelles que pour ses poèmes.

[ Édilivre ]

 

Michel Gelin.jpg

 

TOUSSAINT D’ANTAN

 

Sur les campagnes lasses à coups de gongs pesants

À travers un brouillard, le glas tombe et résonne

Ultime et long appel de ceux qui sont gisants

Sous les tertres transis où la feuille d’automne

Chuchote aux trépassés que tout passe et s’enfuit,

Que tout s’abîme et meurt au rythme des années

Que l’éclat du matin s’efface avec la nuit

Et qu’il reste bien peu, d’humaines destinées…

 

Le long des chemins creux, portant de blanches fleurs

Vont à pas étouffés les lentes théories

Des pèlerins courbés sur d’intimes malheurs

Au doux marmonnement des lèvres recueillies.

 

§§§§§

 

[ Michel GELIN - Recueil : Butins / 85 poèmes (2014) ]

 

***

Bonne journée à tous !

*****

19/10/2016

TOUT CE QUI VIT AUTOUR DE NOUS

Nature.jpg

Le poème d'Émile Verhaeren, ci-après, relève de ce que l'on pourrait appeler une parenthèse dans la vie du poète.

En effet, ces vers font partie d'un des trois recueils de poèmes que Verhaeren écrivit en hommage à Marthe Massin qu'il épousa en 1891.

Bien que d'inspiration galante, il n'en demeure pas moins que cette pièce est imprégnée du style réaliste-naturaliste du poète.

 *

 

TOUT CE QUI VIT AUTOUR DE NOUS

 

Tout ce qui vit autour de nous,

Sous la douce et fragile lumière,

Herbes frêles, rameaux tendres, roses trémières,

Et l'ombre qui les frôle et le vent qui les noue,

Et les chantants et sautillants oiseaux

Qui follement s'essaiment,

Comme des grappes de joyaux

Dans le soleil,

Tout ce qui vit au beau jardin vermeil,

Ingénument, nous aime ;

Et nous,

Nous aimons tout.

 

Nous adorons le lys que nous voyons grandir

Et les hauts tournesols plus clairs que le Nadir

- Cercles environnés de pétales de flammes -

Brûlent, à travers leur ardeur, nos âmes.

Les fleurs les plus simples, les phlox et les lilas,

Au long des murs, parmi les pariétaires,

Croissent, pour être proches de nos pas ;

Et les herbes involontaires,

Dans le gazon où nous avons passé,

Ouvrent les yeux mouillés de leur rosée.

 

Et nous vivons ainsi avec les fleurs et l'herbe,

Simples et purs, ardents et exaltés,

Perdus dans notre amour, comme dans l'or, les gerbes.

Et fièrement, laissant l'impérieux été

Trouer et traverser de ses pleines clartés

Nos chairs, nos coeurs, et nos deux volontés.

 

[ Émile VERHAEREN (1855-1916) – Recueil : Les Heures d’Après-midi ]

Oiseaux.jpg

***

Bonne journée à tous !

*****

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12/08/2016

LA PETITE MARCHANDE DE FLEURS

La petite marchande de fleurs 

Vendeuse de fleurs.jpg

Elle nous proposa ses fleurs d'une voix douce,

Et souriant avec ce sourire qui tousse.

Et c'était monstrueux, cette enfant de sept ans

Qui mourait de l'hiver en offrant le printemps.

Ses pauvres petits doigts étaient pleins d'engelures.

Moi je sentais le fin parfum de tes fourrures,

Je voyais ton cou rose et blanc sous la fanchon,

Et je touchais ta main chaude dans ton manchon.

Nous fîmes notre offrande, amie, et nous passâmes ;

Mais la gaîté s'était envolée, et nos âmes

Gardèrent jusqu'au soir un souvenir amer.

 

 Mignonne, nous ferons l'aumône cet hiver.

 *

[ François COPPÉE (1842-1908) – Recueil : Intimités ]

***

Je vous offre ces fleurs du jardin...

Image1.jpg

...en souhaitant une Bonne Journée à Tous !

*****

29/05/2016

ANTONOMASES

Figure de style consistant à remplacer un nom commun par un nom propre ou inversement. (Par exemple un Tartufe pour un hypocrite, ou l'empereur des Français pour Napoléon.)
[ Larousse ]

Calepin.png.jpg

 Il y a beaucoup de mots de ce type, formés à partir de noms propres de personnes ou de lieux, dans la langue française, comme le montre le diaporama ci-dessous :

Antonomases1.pps

(sonorisé, avance au clic) 

Bougie.png.jpg

***

Bon dimanche à tous !

*****

01/05/2016

UN PONT, THÈME POUR LE POÈTE...

Des poèmes ayant pour sujet un (ou des) pont(s), il y en a plusieurs dans la littérature française et, en l'occurrence, "le Pont Mirabeau" d'Apollinaire est sûrement le plus connu... 

Le pont Mirabeau.jpg

LE PONT MIRABEAU 

Sous le pont Mirabeau coule la Seine
            Et nos amours
       Faut-il qu'il m'en souvienne
La joie venait toujours après la peine
 
     Vienne la nuit sonne l'heure
     Les jours s'en vont je demeure
 
Les mains dans les mains restons face à face
            Tandis que sous
       Le pont de nos bras passe
Des éternels regards l'onde si lasse
 
     Vienne la nuit sonne l'heure
     Les jours s'en vont je demeure
 
L'amour s'en va comme cette eau courante
            L'amour s'en va
       Comme la vie est lente
Et comme l'Espérance est violente
 
     Vienne la nuit sonne l'heure
     Les jours s'en vont je demeure
 
Passent les jours et passent les semaines
            Ni temps passé 
       Ni les amours reviennent
Sous le pont Mirabeau coule la Seine
 
     Vienne la nuit sonne l'heure
     Les jours s'en vont je demeure
 

◊◊◊ 

[ Guillaume APOLLINAIRE (1880-1918) – Recueil : Alcools ]

◊◊◊ 

Toutefois, je citerai aussi : 

  • "Le Vieux Pont" de Maurice ROLLINAT (1846-1903)
  • "Les Ponts" d'Arthur RIMBAUD (1854-1891)
  • "Le Pont" de Victor Hugo (1802-1885) dans "les Contemplations"
  • "Sur le Pont-Vieux" de José-Maria de HEREDIA (1842-1905)
  • "Sur le Pont d'Iéna" d'Ernest d'HERVILLY (1839-1911)
  • et il y a aussi "le Pont" de Gilles Vigneault (1928-) le Québécois...
  • (...)

Pour terminer, voici un diaporama qui propose un petit inventaire des ponts

parmi les plus célèbres :

PONTS CÉLÈBRES.pps

(non automatisé, non sonorisé)

 

*****

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24/03/2016

DANS LES BOIS

 DANS LES BOIS

Oiseau.jpg

Au printemps l'oiseau naît et chante :

N'avez-vous pas ouï sa voix ?...

Elle est pure, simple et touchante,

La voix de l'oiseau - dans les bois !

 

L'été, l'oiseau cherche l'oiselle ;

Il aime - et n'aime qu'une fois !

Qu'il est doux, paisible et fidèle,

Le nid de l'oiseau - dans les bois !

 

Puis quand vient l'automne brumeuse,

il se tait... avant les temps froids.

Hélas ! qu'elle doit être heureuse

La mort de l'oiseau - dans les bois !

*

[ Gérard de NERVAL (1808-1855) – Recueil : Odelettes ]

 ***

Bonne journée à tous !

*****

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18/02/2016

LES OISEAUX ET L'HIVER

 (Ré-édition d'une note de 2010...)

Oiseau.jpg

EST-CE QUE LES OISEAUX SE CACHENT

POUR MOURIR   ?

 

( Ce poème de François COPPÉE fait penser au livre best-seller de Colleen McCULLOUGH, l'écrivaine australienne dont le roman "Les oiseaux se cachent pour mourir" fit l'objet d'une série télévisée à succès durant les années 1980... Mais, mis à part le titre des deux oeuvres, le thème développé dans le livre de la romancière n'a pas grand-chose à voir avec le poème ci-dessous... )

 

Le soir, au coin du feu, j'ai pensé bien des fois
À la mort d'un oiseau, quelque part, dans les bois.
Pendant les tristes jours de l'hiver monotone,
Les pauvres nids déserts, les nids qu'on abandonne,
Se balancent au vent sur un ciel gris de fer.
Oh ! comme les oiseaux doivent mourir l'hiver !
Pourtant, lorsque viendra le temps des violettes,
Nous ne trouverons pas leurs délicats squelettes
Dans le gazon d'avril, où nous irons courir.
Est-ce que les oiseaux se cachent pour mourir ?

 *

[ François COPPEE (1842-1908)

 Recueil : Promenades et Intérieurs ]

***

Bonne journée à tous !

*****

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21/01/2016

LES BOUTS-RIMÉS PAR MOLIÈRE

QU'EST-CE QUE LES "BOUTS-RIMÉS ?

Voici ce qu'en dit Wikipedia :

L'exercice du bout-rimé consiste à composer un poème à l’aide de rimes données d’avance (les bouts-rimés) sur un sujet prédéfini ou non.

On attribue l’invention des bouts-rimés à Dulot, un poète mineur au sujet duquel on ne sait guère autre chose1 et qui n'a pas su sortir du lot. Les Menagiana rapportent qu’un jour de 1648, Dulot se plaignit de ce qu’on lui avait volé un certain nombre de papiers de valeur et, en particulier, trois cents sonnets. Comme on se surprenait de ce qu’il en ait écrit autant, Dulot expliqua qu’il s’agissait de sonnets « en blanc », c’est-à-dire qu’il n’avait fait qu’écrire les rimes et rien d’autre. Tout le monde trouva l’idée amusante et tourna ce que Dulot avait fait sérieusement en divertissement. Les bouts-rimés connurent une telle vogue dans les salons aristocratiques du xviie siècle qu’ils eurent même droit, en 1654, à leur satire par Sarrasin intitulée Dulot vaincu ou la défaite des bouts-rimés. Le succès considérable de cette satire n’empêcha nullement la composition des bouts-rimés de se poursuivre durant tout le xviie siècle et une grande partie du xviiie siècle. Le terme fait son apparition dans la 4e édition du Dictionnaire de l'Académie française (1762).

En 1701, Étienne Mallemans de Messanges publia le Défi des Muses, un recueil de sonnets sérieux, tous rédigés selon des rimes choisies pour lui par la duchesse du Maine. Ni Piron ni Marmontel ni La Motte ne dédaignèrent cet exercice ingénieux. Cette mode connut un regain de succès au début du xixe siècle. Alexandre Dumas lui-même s’y intéressa en 1864 en invitant tous les poètes français à démontrer leurs talents poétiques en composant sur des rimes choisies pour la circonstance par le poète Joseph Méry. Dumas rassembla ensuite les réponses de pas moins de 350 auteurs dans un volume publié en 1865.

***

Molière.jpeg

J'avais fait une note, le 5 octobre 2007, reprenant un des rares poèmes écrits par Molière (il n'existe d'ailleurs pas de recueil de ses poèmes), les "Stances Galantes", mais je ne savais pas que notre éminent dramaturge, comédien et poète s'était adonné à l'écriture de bouts-rimés, comme le montre l'oeuvre reprise ci-dessous et dont les rimes lui avaient été fournies par le prince de Condé en personne...

 

BOUTS-RIMÉS COMMANDÉS SUR LE BEL AIR

 

Que vous m'embarrassez avec votre ............. grenouille,
Qui traîne à ses talons le doux mot d'........... Hypocras!
Je hais des bouts-rimés le puéril ................. fatras,
Et tiens qu'il vaudrait mieux filer une ....... quenouille.

La gloire du bel air n'a rien qui me .......... chatouille; 
Vous m'assommez l'esprit avec un gros ............ plâtras;
Et je tiens heureux ceux qui sont morts à ........ Coutras,
Voyant tout le papier qu'en sonnets on ........ barbouille.

M'accable derechef la haine du ..................... cagot,
Plus méchant mille fois que n'est un vieux ......... magot,
Plutôt qu'un bout-rimé me fasse entrer en .......... danse!

Je vous le chante clair, comme un ........... chardonneret;
Au bout de l'univers je fuis dans une .............. manse.
Adieu, grand Prince, adieu; tenez-vous ......... guilleret.

***

Pourquoi "sur le bel air", me direz-vous ?

Par bel air, il faut entendre les manières élégantes, les manières à l'usage de ceux qui veulent se distinguer du commun. Molière semble qualifier lui-même cette expression quand il écrit : "La gloire du bel air n'a rien qui me chatouille".

 

Explications sur la signification de certains mots :

bout-rimé :   pièce de vers composée sur des rimes données.

hypocras :     vin sucré où l'on a fait infuser de la cannelle, du girofle.

fatras :           amas confus de choses sans valeur.

Coutras :       (En Gironde, près de Bordeaux). Victoire d'Henri de Navarre, futur Henri IV, le 20 octobre 1587, sur les Ligueurs commandés par le duc de Joyeuse.

cagot :             faux dévot, bigot, hypocrite.

magot :          singe (macaque) ; d'où : homme très laid.

manse :          petit domaine féodal constituant une unité d'exploitation agricole.

 (source : http://michel.parpere.pagesperso-orange.fr/)

 

***

Bonne journée à tous !

*****

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